Jeudi 3 mai 2012
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Ma tristesse me vient du fait que très jeune je me suis senti rejeté; du fait que très jeune j'ai dû me replier sur moi-même parce qu'on ne voulait pas de moi; du
fait donc que je n'ai jamais connu personne vers qui j'aurais pu aller en toute confiance et en toute liberté. ___Vaincu donc, j'ai toujours battu en retraite, et je me suis toujours réfugié
bien loin au fond de moi-même.
Cette semaine j'ai lu dans un journal le rapport d'une étude qui cherchait à découvrir ce qui pousse les gens à se rencontrer de
manière intime et à faire l'amour. Il apparaît que pour beaucoup c'est un besoin d'exprimer l'affection, un besoin d'exprimer l'amour.___Cela m'a ramené à moi-même et m'a fait penser que si j'ai
toujours eu autant de difficultés à rencontrer les gens et à échanger, même si cela devait se passer sur un ton tout à fait neutre, c'est que je n'arrive pas à faire confiance, à m'ouvrir et à
m'extérioriser .
C'est cette crainte de l'autre qui m'enferme en moi-même et qui m'empêche de vivre mes
émotions, qui fait naître en moi la tristesse.
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Léo ferré ¨Spleen¨
http://fr.youtube.com/watch?
-Meilleur version, mais sans la vidéo: http://www.deezer.com/track/2425718
Paroles de SpleenQuand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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